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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 19:27

Bokassa Ier le visionnaire…

 

 

Sous ce titre, je voudrais mener une toute petite réflexion sur le visage politique de l'Afrique d'aujourd'hui, principalement au regard de la proclamation de l'élection de Ali Ben BONGO à la présidence de la république du Gabon.

 

Il existe aujourd'hui une Afrique politique à deux vitesses, entre ceux qui croient à la pertinence de l'exigence de démocratie comme une nécessité et ceux qui rêve de la république héréditaire et de la construction des monarchies républicaines et despotiques.

 

Pour illustrer ces deux afriques, il est possible de distinguer, l'Afrique du Ghana, du Mali, du Benin, du Liberia et dans une moindre mesure du Mozambique et du Nigeria et l'Afrique des Kabila (RDC), Ali Ben BONGO (Gabon), Faure GNASSINGBE (Togo) et demain Seif El Islam (Lybie), Karim WADE (Sénégal) ou  Gamal MOUBARAK (Egypte). 

 

La première Afrique nous rappelle que l'alternance n'est pas une lubie, un luxe pour les africains.

 

Cette Afrique là nous remplie d'espoir et nous permet de reprendre avec une certaine ferveur un slogan venu d'un pays hier vilipendé et aujourd'hui montré en exemple : l'Amérique d'OBAMA avec qui nous sommes heureux de pouvoir dire : YES WE CAN.

 

Et puis, il y a l'autre Afrique, celle de régimes peu recommandables qui semblent jeter un voile de torpeur sur les populations et dont l'avènement des enfants augure d'une continuité d'un crépuscule des libertés.

 

Certaines voix s'élèveront indéniablement pour dire que ce mode d'accession dynastique au pouvoir n'est pas une spécificité africaine.

 

L'occident (pour peu que cette notion puisse représenter une réalité objective), l'Amérique du Nord et l'Amérique Latine, l'Asie, le Moyen Orient connaissent également des successions dynastiques.

 

C'est notamment le cas toute proportion gardée de Cristina KIRCHNER en Argentine, de la Famille GHANDI en Inde, de feu Benazir BHUTTO au Pakistan, de Bachar EL ASSAD en Syrie ou encore de Raoul CASTRO à Cuba.

 

De fait, il n' y a donc pas de mal pour un fils et peut-être un frère ou un neveu à succéder à un père, un oncle, un frère.

 

Cependant, lorsque que celui que l'on tend à succéder  est  considéré à tord ou à raison comme un despote fût-il éclairé, on peut légitimement s'interroger sur la crédibilité et la légitimité de sa succession dans le cadre d'un scrutin démocratique.

 

Il existe une logique du sang qui implique que la famille ne perde pas.

 

Ce lien de sang conduit toujours à la mise en place d'une fraude électorale massive du fait de la maîtrise clanique de l'appareil d'état et de la détention par le même clan des cordons de la bourse au moyen de la maîtrise des deniers publics.

 

On ne saurait prendre le risque de voir la famille perdre le pouvoir et avec lui la principale ressource de survie du clan : le trésor public.

 

En tout état de cause, l'existence d'autres régimes devenus dynastiques dans le monde ne saurait justifier un mimétisme institutionnel.

 

Les africains ne sont pas condamnés à calquer les régimes les plus vils de la terre.

 

De surcroît, comparaison n'est pas raison.

 

A titre d'exemple, l'évocation des dynasties BHUTTOGHANDI ne souffre pas de déficit d'adhésion démocratique.

 

Les membres de ces différentes familles ont connu les joies de l'élection et l'amertume de la défaite comme dans tout processus démocratique principalement pour l'Inde ou en voie de normalisation pour le Pakistan.

 

Certes tout n' y est pas rose, et il est souvent question de corruption ou de népotisme.

 

Cependant, il n' y a pas de corrélation directe entre corruption et démocratie, de même qu'il n'existe pas de corrélation directe entre démocratie et développement.

 

La Chine communiste n'est pas une démocratie au sens libéral du terme, mais personne ne niera son formidable développement économique.

 

La disparité des ressources entre les différentes couches de la population n'est pas un critère d'appréciation pertinent entre une Chine qui profite de cette mutation économico-sociale et une Chine pauvre et arriérée.

 

A l'issue de la crise financière qui a secoué le monde, et à l'heure du débat sur les bonus mirobolants distribués par des entités qui il y a peu encore étaient présentées comme fragiles, l'occident est mal placé pour donner des leçons sur les écarts de richesses des populations.

 

Quid de l'Afrique dans tout cela me direz vous ?

 

L'Afrique pleure et chaque jour s'enfonce un plus dans  la pénombre de ce nouveau modèle de transmission qu'est la captation héritière et dynastique du pouvoir.

 

Il convient cependant d'être prudent et  vigilant. Rivarol disait : "quand les peuples cessent d'estimer, ils refusent d'obéir".

 

Les récents événements à Port Gentil et à Libreville sont les premiers soubresauts d'une société désormais fracturée.

 

Lorsque le mécontentement se généralise, il est souvent à l'image des forces de la nature.

 

La défiance continuelle du peuple finit par constituer des "tsunamis" de colère qui balayent tout sur leur passage.

 

L'Afrique doit donc rechercher ce qui est positif et non justifier ce qui est négatif.

 

Que vient faire Bokassa Ier dans cette galère me direz-vous ? Quel rapport avec les successions dynastiques ?

 

L'intérêt d'une comparaison avec Bokassa Ier, c'est qu'il ne s'est pas embarrassé d'habillage démocratique.

 

Après son accession au pouvoir, il s'est auto sacré, Empereur d'un empire centrafricain et comme on le sait, le ridicule ne tue pas.

 

  Il n'en demeure pas moins que cette proclamation aurait eu un intérêt indéniable aujourd'hui.

 

En effet, l'intérêt premier de cette auto proclamation, c'est la légitimation d'une succession héréditaire.

 

On pourrait dire, ils en rêvent, Bokassa l'a déjà fait. Mohamed VI est ainsi l'héritier le plus envié du continent, lui qui est également commandeur des croyants.

 

Nul ne contestera que les présidents soient en Afrique (mais pas seulement même si ailleurs quelques gardes fou existent) devenus des monarques absolus.

 

Même lorsqu'ils sont élus démocratiquement comme Mamadou TANDJA au Niger mais surtout un donneur de leçon comme Abdoulaye WADE au Sénégal dont la sortie est pitoyable, ils ne pensent qu'à une chose, demeurer au pouvoir ou préparer un fils à leur succéder.

 

L'Afrique noire n'était pas partie.

 

Désormais l'Afrique blanche lui emboîte le pas et refuse de partir. Toutes les deux, elles s'accrochent au statut quo.

 

Pour autant, tout n'est pas perdu, et il n y a pas de fatalité.

 

Tout est question de temps,  de lieux et peut-être aussi d'homme providentiel : Mandela ou un dictateur masqué, il va falloir choisir.

 

Aussi, même si on ne peut s'empêcher d'éprouver une profonde tristesse devant le spectacle affligeant que présente le continent, tout n'est pas perdu.

 

A l'instar de Martin Luther King, il n'est pas interdit de faire un rêve : celui de voir enfin l'Afrique relever la tête.

 

Comme il a été rappelé au début de cet article, tout n'est pas à faire, car il y a une Afrique qui évolue.

 

Simplement il va falloir éviter de régresser pour que la flamme de l'espoir ne s'éteigne jamais.

 

Mon rêve à moi sans forcément jeter l'anathème aux successeurs réels ou  autoproclamé (j'ai encore une toute petite foi en l'homme), c'est une transition à l'espagnol (entre Franco et Juan Carlos), avec un monarque qui avait tout pour devenir un despote et qui par son action est au cœur de la reconstruction d'une vrai nation.

Sambel

Par corinne.s - Publié dans : actualité - Communauté : TOP CONGO
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